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FOW : opération Cobra à l'est de Périers

Il est bientôt 10h en cette journée du 25 juillet 1944 lorsque 60 000 bombes sont lâchées sur 12 km² de bocage entre Saint-Lô et Périers : l'opération Cobra vient de démarrer. Dans ce secteur, l'objectif de la 3ème division blindée US est soutenir l'assaut de l'infanterie et ouvrir la voie aux régiments bloqués sur les plages de débarquement depuis maintenant sept semaines.

Face à eux, la Fallschirm Aufklärungs Abteilung 12, renforcée d'éléments blindés de la 2e SS PzD Das Reich, a été envoyée poser une rustine entre la 77.ID et les éléments de la 17.SS. Elle s'est sérieusement retranchée dans le petit village de Saint-Sébastien-de-Raids, au sud de la Taute, prête à défendre avec acharnement le petit pont qui permet de contourner Périers par l'est.

Préparation

Ce scénario est un scénario du type "hold the line" auquel nous avons adapté la règle de déploiement masqué (que nous trouvons plus réaliste et moins opportuniste que celle d'embuscade). Les armées sont à 1500 points.

Le scénario dure 6 tours, avec deux objectifs dans la zone de déploiement du défenseur. Le terrain utilise les règles de bocage. Le franchissement du gué (à l'ouest de la rivière) est difficile pour les véhicules, très difficile pour l'infanterie. Les champs sont considérés comme "secs" et les véhicules ne risquent pas de s'y embourber.

Composition des armées

3rd US armored division
1 QG de compagnie avec options Sherman M4 (105mm), M31 TRV (recovery) et lame de bulldozer sur l'un des M4 (75mm).
1 section blindée avec 5 Sherman M4A1 (76mm)
1 section blindée avec 5 Sherman M4 (75mm)
1 section légère avec 5 M5A1 Stuart
1 section d'infanterie mécanisée
1 support aérien prioritaire de P-47


Fallschirm Aufklärungs Abteilung 12 "renforcée"
1 QG de compagnie avec options panzerschrecks, panzerfausts et schwimmwagen.
2 sections Aufklärungs à 2 groupes, motorisées (l'une sur kübelwagen, l'autre sur motos + side-cars)
1 section lourde motorisée avec 2 HMG (rattachée à l'une des section d'infanterie pour cette partie)
1 section blindée avec 3 Panther A
1 patrouille de half-tracks 250/9 (2cm)
1 section chasseur de chars avec 2 Marder II
1 batterie d'artillerie avec 2 pièces leFH18 10.5cm.

Quelques fortifications : barbelés, champs de mines et pièges à chars (3 socles de chaque).

Déploiement

J'ai choisi de défendre le village. Les allemands pouvaient se déployer sur la première moitié de la table de jeu, ce qui me permettait d'utiliser une partie du bocage sur mon flanc gauche (là où la rivière est passable à gué), mais le terrain n'était pas favorable sur mon flanc droit en avant de la rivière.

Sachant que j'aurai à combattre une compagnie blindée, il me fallait donc défendre ce secteur par un armement anti-char pouvant tirer sur une longue distance. C'était le bon endroit pour déployer les Marders. Les combats de haies de l'autre côté seraient assurés par la section QG qui, avec ses schwimmwagen, pouvant ensuite se replier vers les bois.

Les Panthers étaient placés derrière ces mêmes bois, afin de verrouiller le centre de la table. Un peu en avant de cette position, l'observateur d'artillerie avait une vue dégagée sur les abords de la rivière pour éliminer l'infanterie adverse et les blindés légers. Les pièces d'obusier étaient elles-mêmes disposée à l'arrière du village, prêtes à faire feu en tir tendu sur les blindés qui passeraient le pont.

Mon infanterie et les 250/9 restaient en réserve à proximité du village, afin d'assurer la défense rapprochée de cet objectif ou éventuellement opérer une contre-attaque au besoin.


L'aviation ennemie survole déjà le secteur pour reconnaître d'éventuels objectifs

Tour 1 et 2

L'arrivée des troupes américaine fut immédiatement annoncée par le survol de son aviation. Prise pour cible, ma première section de paras, camouflée dans une haie de bocage, eut la chance de ne pas être repérée par les pilotes de l'US air force.

Alors que le bruit de leurs moteurs s'éloignait, celui des chenilles se faisait entendre au loin. Les chemins creux étaient rapidement engorgés de blindés ornés d'étoiles blanches. Sur mon flanc gauche, c'était une compagnie de Stuarts qui s'avançait péniblement. Au centre, un sherman-dozer ouvrait la voie, suivie d'une compagnie de M4. A droite, une seconde compagnie de M4, à canons de 76mm, se profilait à l'horizon.

Profitant de leur suprématie aérienne, les yankees ont débusqué mes Panthers à la lisière du bois. Quelques bombes savamment lancée mirent deux de mes blindés hors de combat. Le second tour commençait mal.



A gauche, les M5 s'alignaient sur les haies de bocage et une compagnie d'infanterie mécanisée US venait se placer derrière eux. Ma section QG était malheureusement trop loin pour pouvoir prendre pour cible les blindés légers adverses.

Au centre, le QG blindé adverse s'était avancé, mais les chars s'empêtraient dans un carrefour surpeuplé.

A droite, la compagnie M4 76mm eut la bonne idée de contourner le flanc de la colline, s'exposant aux tirs d'un de mes marders. Un canon de 75mm fit mouche, laissant une première carcasse fumante de char sur le champ de bataille.


Tour 3 et 4

L'aviation adverse continuait à s'en prendre au survivant de ma compagnie de Panther, mais, bien protégé entre les épaves des deux autres fauves, mon dernier blindé ne craignait plus rien.

Désormais, mon embuscade sur le flanc gauche n'était plus en mesure de ralentir l'avancée américaine. L'infanterie débarquait de ses half-tracks et progressait rapidement à travers la trouée faite dans le bocage, pendant que le QG blindé adverse noyait le secteur sous les tirs d'obus fumigène.



La meilleure défense étant l'attaque, ma section QG renvoya à l'arrière ses précieuses schwims pendant qu'elles étaient encore hors de portée de l'ennemi et avança sous le couvert du bocage, en position de "tenaille avancée".

De l'autre côté du champ de bataille, la compagnie M4 76mm se mit en défilement de tourelle le long de la colline. Un Marder fut touché, sonnant la retraite pour le second véhicule. Le Panther qui me restait échoua ses tirs contre cette unité. L'observateur d'artillerie en profita pour commander un premier tir contre les M4 76mm, mais sans plus de résultat.

Alors que les blindés adverses progressaient toujours sur la gauche à travers le bocage et sous couvert des obus fumigène, ma section QG en "tenaille avancée" prenait de plus en plus la forme d'une épine que les yankees avaient dans les fesses : l'infanterie adverse ne progressait plus, obligée de couvrir l'arrière des blindés qu'ils escortaient.



Sur le flanc droit, les M4 76mm s'en prenaient maintenant à mon dernier Panther. Plusieurs obus touchèrent la carapace du fauve, sans lui causer aucun dommage. Ordonnant la poursuite du tir d'artillerie sur cette unité, mon observateur put constater qu'un obus avait fait mouche, passant à travers le toit de caisse d'un des Sherman 76, qui s'embrasa instantanément.

Au centre, le Panther prit pour cible le QG blindé yankee. Un obus de 75 fit sauter la tourelle du char de tête, forçant le reste de l'unité à contourner sa carcasse fumante pour continuer leur progression. Ma patrouille de half-tracks révéla sa position en avançant vers les bois, prête à prendre pour cible l'infanterie ennemie si elle décidait de passer en avant lors du franchissement de la rivière.


Tour 5 et 6

Désormais, les américains devaient se lancer dans une course contre la montre pour prendre leurs objectifs. Sur le flanc gauche, la progression des blindés légers et de l'infanterie était stoppée. Au centre, le QG blindé était venu se heurter aux hérissons tchèques qui bloquaient l'accès au pont depuis la route.

Le salut vint donc de la compagnie de Sherman 75 qui devança ces unités pour se lancer à l'assaut de la rivière, à travers le gué. Leur progression était ralentie par la nature du terrain, mais les yankees continuaient à utiliser leurs obus fumigène pour bloquer les lignes de vue. Cependant, mon Panther avait eu suffisamment de temps pour apercevoir l'un d'entre eux et le mettre hors d'état de nuire.



A gauche, la compagnie de Sherman 76 parvint à trouver un passage dans le dispositif de défense et à s'élancer sur le pont. Ils essayèrent en vain de prendre à partie mon Panther alors qu'ils étaient accueillis par les tirs tendus des obusiers de 105mm, qui détruisirent le premier blindé à passer l'obstacle.

L'infanterie adverse stoppée, ma patrouille de half-tracks était devenue inutile et dangereusement exposée, elle fût donc renvoyée en réserve.




Au centre, la volonté de l'adversaire à vouloir envoyer au sacrifice ses blindés donna à mes sections paras l'occasion de tester leurs panzerfausts. Les tirs ne furent cependant pas suffisamment précis pour inquiéter les blindés américains.

Sur la gauche, un ultime tir d'artillerie fit exploser un Stuart sur sa haie de bocage. Cette action marqua la fin de l'attaque américaine. Les américains ne sont pas parvenus à prendre leurs objectifs. Ils disposent cependant, sur mon flanc gauche, d'une solide tête de pont.




Conclusions

L'enfer vert du bocage n'a jamais autant mérité son nom. Les situations rencontrées lors de cette partie nous ont semblé très proches de la réalité historique. Face aux Panthers, c'est finalement l'aviation qui a fait le plus gros du travail. L'unique survivant de cette unité a ensuite reçu 8 obus de 75 et 76mm sans broncher.

Les Marders ont également fait leur travail. Pour une centaine de points, ils ont retardé l'arrivée des Sherman 76 qui, sinon, auraient été plus prompt à venir s'introduire dans le village et cueillir l'un des objectifs. Face aux lignes de tir que je m'étais préparées, Laurent a su judicieusement faire l'emploi du fumigène pour continuer à avancer ce qui, là encore, est très proche de la réalité du terrain.

Je regrette amèrement l'usage que j'ai fait de ma section QG et de son embuscade mal préparée. J'ai réussi à redresser la barre en la conservant comme menace pour l'arrière des blindés adverses, mais c'est cher payer pour finalement pas tirer une seule fois dans la partie. On pourrait en dire autant de ma patrouille de half-tracks, mais ils étaient en réserve, prêts à cueillir l'infanterie adverse, donc je n'ai rien à leur reprocher pour le moment. Nous verrons plus tard à l'usage.

Dans les autres conclusions que je tire, je pense que j'ai été trop large dans l'utilisation des fortifications (champs de mines, barbelés et pièges à chars), ce qui, en plus du bocage, a largement contribué à entraver la progression américaine, alors que je ne pouvais pas tirer bénéfice d'une défense en profondeur : une fois la première ligne passée, la seconde était trop en profondeur ou disposait de trop peu de moyens antichars pour être réellement efficace.

Enfin, si mon Fallschirm Aufklärungs Abteilung 12 est très proche de sa composition et de son emploi historique, on touche ici du doigt la difficulté qu'ont dû avoir les Allemands à contenir la progression Américaine lors de Cobra. La densité du champ de bataille conjuguée à l'omniprésence de l'aviation adverse obligent quasiment à se battre à bout portant et donc de prendre le risque de se faire distancer par les blindés ennemis, nettement plus nombreux.


14/09/2010
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