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La Bête du Gévaudan : Portefaix défend ses compagnons

Ce scénario est inspiré de l'affrontement entre la Bête, Portefaix et ses compagnons, le 12 janvier 1765. Vous trouverez à la fin de cet article la relation faite par le curé de la paroisse suite à l'attaque.


Portefaix défend ses compagnons

Alors qu'ils sont au pré en train de garder les troupeaux, un groupe d'enfants et attaqué par la Bête.

Ce scénario utilise une zone de jeu représentant des prés et des champs, séparés par des murets de pierres et quelques chemins.

Le groupe des défenseurs comprend 7 enfants. L'un d'eux est de REP 4, quatre autres sont de REP 3, les deux derniers sont de REP 2. Ils sont tous équipés d'une arme de corps à corps improvisée ou d'un couteau. Tous sont placés au centre de la zone de jeu, au milieu des troupeaux qu'ils gardent (les troupeaux ne sont présents que pour l'aspect esthétique).

La Bête est placée à 10" du groupe d'enfants. Elle gagne l'initiative du premier tour, mais les enfants doivent tous effectuer un test d'apparition ("first sight").

Durée et conditions de victoire
La partie dure 5 tours maximum. Si au bout de ces 5 tours, un enfant a été emmenée par la Bête et que celle-ci a éventuellement eu le temps de repartir de la zone de jeu en vie (par n'importe quel côté), c'est une victoire éclatante pour elle. Si aucun enfant n'a été emmené (par exemple, parce qu'ils ont quitté la zone de jeu), c'est une victoire du défenseur. Enfin, si la Bête est tuée, ce sera jour de liesse dans tout le royaume de France !

Règles spéciales
Si la Bête met KO un enfant, elle peut tenter de l'emporter avec elle. Les deux figurines sont laissée en contact socle à socle et la victime suit la Bête dans tous ses déplacements (elle ne peut plus rien faire d'autre, étant KO).

Si la Bête est engagée au corps à corps alors qu'elle emmène une victime, elle lâche cette dernière (la victime est reculée de 1" par rapport à la Bête). La victime pourra à nouveau être emmenée par la Bête lors de sa prochaine activation en revenant au contact socle à socle avec elle (pas besoin d'effectuer un test de charge).

Les enfants forcés de se mettre à couvert (résultat "runaway") peuvent le faire en se cachant derrière le reste du groupe si aucun autre couvert n'est disponible à moins de 10".

Jouer en solo
Si le scénario est joué en solo, la Bête attaquera une victime déterminée aléatoirement parmi les 6 enfants de REP 2 ou 3 (lancez 1D6 pour désigner la victime). Elle poursuivra cet enfant tant qu'elle peut pour l'emmener hors de la zone de jeu par le bord le plus proche.

Si cette victime parvient à se réfugier hors d'atteinte de la Bête, celle-ci choisira une autre victime de la même façon que ci-dessus et continuera sa traque (relancez 1D6, en ignorant les résultats donnant des enfants qui ne sont plus en jeu).

Si la Bête met KO un enfant, même si ce n'est pas la victime désignée, elle se rabattra sur cette proie et tentera de l'emmener hors de la zone de jeu par le bord le plus proche.

Si la Bête est engagée au corps à corps alors qu'elle emmène une victime et qu'elle survit, elle tente au tour suivant de se désengager de la mêlée ("Breakoff"), puis de quitter la zone de jeu par le bord le plus proche, en essayant d'emmener une victime qu'elle avait précédemment en gueule...


Relation du combat

Etablie par le curé de la paroisse à la demande du subdélégué de l'intendant du Languedoc à Mende :


« Détail des Ravages que la bête féroce
A fait tant en Vivarais, qu'en Gévaudan
En Auvergne et en Rouergue.
Le 12 de janvier la bête feroce attaqua cinq petits garçons du village de Villeret paroisse de Chanaleile ; les trois plus agés avoient environ onze ans, les deux autres n'en avoient que huit et ils avoient avec eux deux petites filles a peu près du même age. Ces enfants gardoient du bétail au haut d'une montagne ; ils s'etoient armés chacun d'un baton, au bout duquel ils avoient attaché une lame de fer pointue, de la longueur de quatre doigts. La bête féroce vint les surprendre, et ils ne l'aperçurent que lorsqu'elle fut près deux ; ils se rassemblèrent au plus vite et se mirent en deffense. La bête les tourna deux ou trois fois, et enfin s'elança sur un des plus petits garçons ; les trois plus grands fondirent sur elle, la piquèrent a diverses reprises sans pouvoir luy percer la peau. Cependant a force de la tourmenter ils parvinrent à luy faire lacher prise ; elle se retira a deux pas après avoir arraché une partie de la joue droite du petit garçon dont elle s'etoit saisie, et elle mangeat devant eux ce lambeau de chair. Bientot après elle revint attaquer ces enfants avec une nouvelle fureur ; elle saisit par le bras le plus petit de tous, et l'emporta dans sa gueule ; l'un d'eux epouvanté proposa aux autres de s'enfuir pendant qu'elle devoreroit celuy qu'elle venoit de prendre. Mais le plus grand nomé Portefaix, qui etoit toujour à la tête des autres, leur cria qu'il falloit delivrer leur camarade ou perir avec luy. Ils se mirent donc a poursuivre la bête, et la pousserent dans un marais qui etoit a cinquante pas, et ou le terrein etoit si mou qu'elle y enfonçoit jusqu'au ventre ; ce qui retarda la course et donna a ces enfans le tems de la joindre. Comme ils s'etoient appercus qu'ils ne pouvoient luy percer la peau avec leur especes de piques, ils chercherent à la blèsser a la tête, et surtout aux yeux ; ils luy porterent effectivement plusieurs coups dans la gueule qu'elle avoit continuellement ouverte, mais ils ne purent jamais rencontrer les yeux. Pendant ce combat elle tenoit toujour le petit garçon sous sa patte; mais elle n'eut pas le temps de le mordre, parce qu'elle etoit trop occupée à esquiver les coups qu'on luy portoit. Enfin ces enfans la harcelerent avec tant de constance et d'intrepidité qu'ils luy firent lacher prise une seconde fois, et le petit garçon qu'elle avoit emporté n'eut d'autre mal qu'une blessure au bras par lequel elle l'avoit saisi, et une legère ègratignure au visage. Comme la petite troupe ne cessoit de criér de toutes ses forces, un homme accourut et se mit a crièr de son côté. La bête entendant un nouvel ennemi se dressa sur ses pattes de derrière, et ayant apperçu l'homme qui venoit a elle, elle prit la fuite et alla se jeter dans un Ruisseau à une demi-lieue de là. Trois hommes la virent s'y plonger, en sortir et se rouler ensuite quelque tems sur l'herbe ; après quoy elle prit la Route du Mazèl et fut dévorer un garcon agé de 15 ans de la paroisse de Grèses en Gévaudan. »




09/10/2008
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